J'ai beau lui demander le retour au "rich text" sur les options journal, rien à faire.
*Insérez gros, gros soupir*
Par ailleurs, un mot d'excuse et un mot d'alarme.
Mot d'excuse : je n'ai pas été très présente ces derniers temps pour cause de crève continuelle, fatigue à l'appui... et Cuthbert et moi aimerions vraiment que ça change.
Mot d'alarme : mon LJ ne s'affiche plus que sous une sorte de langue étrangère, slave ou turque, et n'accepte que les posts écrits en HTLM. C'est plus que gonflant, et je n'arrive pas à changer ça même en redemandant le français sur "Customize your journal". Suis-je la seule à qui ça arrive?
EDIT Abi m'a tirée d'affaire, merci à elle!
En fait c'est un petit livre tout mince, à l'écriture claire et profonde. Rilke revient sur quelques jours, les derniers, dans la vie d'un de ses ancêtres.
Première moitié du XVIIIe siècle. Le cornette Rilke est jeune et seul. Le cornette Rilke chevauche interminablement à travers la plaine de Hongrie vers l'ennemi, et il n'a que le temps de vivre l'amitié, avec un jeune Français qui lui laisse une rose fanée, l'amour, pendant la seule halte qui lui est accordée dans le château d'une petite Comtesse à la robe blanche, et la mort, "au coeur de l'ennemi, mais seul". Mais la mort est encore une fête quand elle suit l'amour de si près...
Un texte où la poésie se lit comme un roman.
( Un extrait sous le cut )
Autodidacte, dernier rejeton d'une famille puritaine qu'il rejeta violemment, il dut sa carrière d'écrivain à une rencontre frappante avec l'Histoire : la Guerre de Sécession, où il s'engagea par idéalisme et qui l'exposa à des spectacles dont il ne se remit jamais. Elle nourrit ses premières nouvelles, dont le célèbre "Ce qui se passa sur le pont d'Owl Creek" (qui inspira sans doute à Terry Gilliam la fin de Brazil). Pessimiste, cynique, cultivant un humour noir parfois désopilant, Bierce, qui devint journaliste après la guerre, se fit surtout connaître par son Dictionnaire du diable, rédigé sur vingt-cinq ans et cultivant un ton distancié et misanthrope.
En 1914, excédé par ses compatriotes et miné par des malheurs familiaux (un fils suicidé, un autre alcoolique, une épouse quittée), Bierce s'engage auprès de Pancho Villa à 75 ans et disparaît. On ignore s'il est tombé au champ d'honneur cette fois, ou s'il a tout simplement profité de l'aubaine pour se refaire une nouvelle vie sous une autre identité, tel un héros de Borges.
Excellent pour passer sa bile les jours où l'on se dit que si l'espèce humaine n'existait pas (concierges vociférantes inclues), ça ne vaudrait sans doute pas la peine de l'inventer.
( Quelques extraits sous le cut )
Tout petit texte, moins connu que les Diaboliques ou l'Ensorcelée, où Barbey se laisse fasciner par un inceste fraternel du XVIe siècle, éclos dans le château de Tourlaville, près de Cherbourg. Julien et Marguerite de Ravalet ("Marguite", dit son frère) sont jeunes et beaux, les derniers-nés d'une lignée connue pour ses excès criminels, et dont le seul crime sera de s'aimer envers et contre famille, lois, roi et mari. Leur histoire finira un matin de décembre place de Grève, où Marguerite, montant à l'échaffaud après son frère, troublera les yeux du bourreau en relevant sa robe sur ses bas de soie rouge...
L'inceste fraternel a inspiré nombre d'écrivains, des dramaturges anglais du XVIIe siècle à Yourcenar et Garcia Marquez, en passant par Chateaubriand, Thomas Mann ou Somerset Maugham. Ce qui me touche dans cet écrit, cela dit, c'est que Barbey cherche le soufre et trouve la souffrance. Au final, c'est la pure désolation de ces très jeunes gens, ne demandant qu'à s'aimer seuls et traqués par toute une société, qui le touche. "Un jet soudain de nature humaine reparue", qui lui inspire des images dures et délicates, comme les deux roses du blason des Ravalet... roses rouges, bien évidemment.
( Le portrait de Marguerite )
Tiens, regarde, il y a déjà un zibou qui vole tout droit vers toi (avec un coup de pouce de
Ce petit jeu dura très exactement six mois, avant notre installation temporaire en Afrique, autre rite de passage.
Aussi cet auteur gantois garde-t-il à la relecture un petit goût de transgression. Ça tombe bien, parce que ses romans reposent souvent sur un interdit qui ne dit pas son nom, un voile noir qu'on hésite à lever au dernier chapitre.
Malpertuis commence dans une petite ville de province, où un vieil homme richissime, l'oncle Cassave, meurt en commandant à ses héritiers - deux jeunes gens beaux et sensibles, Jean-Jacques et Nancy, un empailleur cynique, trois vieilles demoiselles, un couple de petits-bourgeois et leur fille, et quelques domestiques - de vivre ensemble dans sa maison. Maison de maître, immense, ténébreuse, percluse de corridors, ornée de têtes de renard en pierre sur sa façade et auquel est adjoint une petite boutique vieillotte d'huiles et de couleurs, tenue par Nancy et le commis Matthias.
Les petits-bourgeois viennent s'installer et la cohabitation commence, tant bien que mal... mais le malaise les gagne de chapitre en chapitre, quand d'étranges incidents perturbent leur existence. La Chose-qui-souffle-les-lumières fait son apparition dans les couloirs dans un bruit d'ailes sourd. Le commis Matthias, qui fredonne d'une voix si pure le Cantique des Cantiques, meurt de mort étrange. Jean-Jacques découvre que le grenier est colonisé par des petits nains minuscules. Un dîner de Noël culbute dans le cauchemar. Tous ces phénomènes trouveront leur explication dans les derniers chapitres, mais les derniers chapitres ne suffiront pas, loin de là, à apaiser les hantises...
Un beau récit trouble pour nuits d'insomnie, inquiétant, poétique, hypnotique.
( La mort du commis Matthias )
C'était avant que je découvre la prose française du XVIIe siècle, ses coups de force, sa méfiance envers l'adjectif à gogo ("une salive d'adjectifs" disait récemment un critique à propos d'un auteur français d'aujourd'hui, bien vu), son goût de la parole qui vise à ébranler l'autre, dans son âme ou sa chair, au lieu de vaquer interminablement autour de Moi-Je (Christine Angot, prends-toi ça dans le bec).
Avant d'être hissé sur scène à grand renfort de nez, Cyrano de Bergerac a été un érudit sans le sou, un libertin au sens large du terme, résolu à ne penser que par lui-même, un bretteur verbal autant qu'une fine lame. En témoignent ces formidables "Lettres satiriques" où il pousse les mots jusque dans leurs retranchements pour étourdir ses interlocuteurs tout en leur décrivant des choses très simples - un cyprès, un gros homme, le premier gel de l'hiver, le reflet d'un peuplier dans l'eau. Ce devrait être artificiel et c'est envoûtant, hilarant (j'ai un faible pour la lettre "Contre un gros homme", d'une méchanceté rare, adressée à l'acteur Montfleury et dont Rostand s'est souvenu pour le début de sa pièce) et hypnotique.
A ne pas aborder comme un "Petit Classique Larousse" supplémentaire, mais comme un sport de l'extrême, qui valut d'ailleurs à son auteur de sacrées inimitiés et au moins un coup d'épée en traître.
( Extrait : Sur l'ombre que faisaient des arbres dans l'eau )
http://community.livejournal.com/le_snac
A cette occasion, ma beta
J'enchaîne sur un mariage d'amis et un long week-end en Bretagne, il n'est donc pas impossible que la chronique du lundi soit rapportée au mardi. Zibs à la ronde et bon week-end!
C'est pourquoi je me suis gardée d'aller voir Mademoiselle Julie de Strindberg l'an dernier après avoir croisé des photos où Julie agitait son porte-jaretelle, bien en place, sous la mine pendante de son partenaire. Les porte-jaretelles, je leur garde un coin de mon coeur, mais pas celui où Strindberg a son pré carré.
Mademoiselle Julie est une jeune aristocrate qui veut le beurre et l'argent du beurre, être libre et privilégiée, séduire et être aimée, bousculer les usages et faire respecter son sang. Une nuit de la Saint-Jean où son père est absent et où les domestiques dansent dans la grange, elle entre dans un huis-clos avec le valet, Jean. Huis clos périlleux, car Jean, lui aussi, veut le beurre et l'argent du beurre, et il a grandi avec le dur sens des réalités.
Quand l'aube et le Comte reviendront, qu'adviendra-t-il de Mademoiselle Julie?
( Un extrait de la belle traduction de Boris Vian )
( Le petit compte-rendu )
Moralité : pour ceux qui aiment l'érotisme bien ou mal tempéré, signalons le Kink-Size Snack Festival, ouvert depuis le 6/9 sur . Si vous rêvez d'écrire ou de commander un petit texte pétillant sur eux, c'est le moment : vous avez même droit à l'anonymat!
... voici un auteur qui cultive une écriture tour à tour gothique, baroque, comique ou angoissée, et qui a choisi de réécrire Grimm ou Perrault en ménageant l'ombre avec éclat.
Qui se rappelle aujourd'hui que Blanche-Neige présente des escarpins de fer chauffés au rouge à sa belle-mère pour que celle-ci danse à ses noces ? (Ah, la cruelle et superbe adaptation dramatique de ce conte par Howard Barker.) Que la Belle regrette la Bête au moment où le Prince ressuscité surgit devant elle? Que l'épilogue de Barbe-Bleue laisse entendre que l'épouse sauvée de la hache s'est mise à son tour à épouser de beaux jeunes gens... avant que ceux-ci disparaissent mystérieusement...
C'est cette face aujourd'hui cachée du conte que Carter veut ramener à la lumière, et qu'elle relie à l'ambiguité foncière de ses héroïnes. Contrairement à ce que nous ont laissé longtemps entendre Disney & Co, celles-ci ne trillent pas dans les clairière dans l'espoir qu'un jour leur prince viendra. Ce sont des femmes désirantes, et qui vont jusqu'au bout de leur désir au péril de leur vie.
Chez Carter, Barbe-Bleue est un aristocrate fin-de-siècle dont le sadisme décadent fascine sa jeune femme autant qu'elle l'effraie. La Belle au Bois Dormant, une vampiresse qui boit le sang jusqu'au jour où, rencontrant l'amour, elle saignera à son tour. La Bête, un appât pour la Belle, qui ne tarde pas à brouiller les rôles. Et peut-être le Petit Chaperon Rouge devrait-il se méfier de sa grand'mère plus que du loup...
( Un extrait du premier conte, )
Je te souhaite tout plein de joyeux retours d'an, comme disent nos amis anglais.
Et de deux,
uathann vient de m’apprendre que l’idéogramme japonais, sur mon icon par défaut, était un A. HourrAh!
Et de trois, petit récap' de mes derniers OS (pas le courage de lister les trente-cinq drabbles écrits pour
sevys_now, ils attendront) :
Mea Culpa posté sur
entre_les_pages pour l’anniversaire de Tara : Severus/Remus, PG, angst/romance, happy ending. L’hymne à Poufsoufle que j’ai toujours voulu écrire.
Les belles et bonnes manières selon Sirius O. Black, Esq. , quatre-mains écrit avec taraxacumoff et posté sur le
snack_bar : Sirius/Severus, PG, humour/romance. Voldemort envoie un faux Bourbon gagner l’aristocratie sorcière française à sa cause. Albus envoie Severus surveiller le faux Bourbon. Seul hic : pour ne pas être démasqué, il lui faut maîtriser les codes subtils de la bonne société. Devinez qui est chargé de lui donner des cours par correspondance ?
EDIT : et ça veut dire que je redeviens libre pour un quatre-mains, les miss avec qui j'ai plus ou moins causé projets!
Last but not least, le livre du lundi.
Omar Khayam fut un très grand mathématicien, un astronome réclamé par les grands (qu’il évitait), un mystique que rebutaient les dogmes et qui (dit-on) apparut à sa mère après sa mort pour la prier de ne pas prier pour son salut... et un poète aimant le vin, les femmes, la glaise sous les mains des potiers, et les tulipes — qu’il confondait d’ailleurs avec les femmes après quelques verres.
Chaque fois que je pose son recueil sur une terrasse de café, il me vaut un sourire de mes voisins de table.
( Un extrait sous le cut )
Suite de la précédente série "A thé et à toi". Comme l'ordi maternel rechigne à faire du copier-coller d'image aujourd'hui, vous devrez passer par le lien URL pour récupérer vos théières...
Fumseck62442 : http://www.jessieling.com/tag/phoenix-te
Remeciel : http://www.trojanhorseantiques.com/WolfT
Uathann : http://ducky-destiny.deviantart.com/art/J
Julielal : idata.over-blog.com/.../
Lilou, je t'ai cherché en vain une théière manga... il faudra peut-être que je me rabatte sur celle de Tintin dans le Lotus Bleu... ou est-ce qu'une bouilloire noire lustrée te ferait plaisir?
EDIT : Elwan, j'ai enfin trouvé la tienne!
http://www.themusicstand.com/Symphony-Te
